Prêt entre particulier sans frais d’avancePlan du site

Immobilier et travaux

Financer les frais de notaire avec un prêt : ce que la banque accepte et ce qui reste à votre charge

Les frais de notaire constituent l’un des postes les plus lourds d’un achat immobilier après le prix lui-même. Vous verrez de quoi ils sont faits, dans quelle mesure un prêt peut les couvrir, pourquoi les emprunter ne les réduit pas et comment préparer les liquidités demandées avant la signature.

Informations vérifiées le 27 octobre 2026

Un homme âgé et une conseillère lisent ensemble un contrat.

Ce que recouvrent vraiment les frais de notaire

L’expression frais de notaire est trompeuse : l’essentiel de la somme ne rémunère pas le notaire. Elle regroupe les droits et taxes perçus pour le compte de l’État et des collectivités, les débours, c’est-à-dire les frais avancés par l’office pour obtenir des documents, et la rémunération du notaire, appelée émolument, dont le barème est réglementé.

On parle plus justement de frais d’acquisition. Les droits de mutation, versés lors d’un achat dans l’ancien, représentent la part dominante. À titre d’ordre de grandeur souvent cité, l’ensemble avoisine 7 à 8 % du prix dans l’ancien et 2 à 3 % dans le neuf, mais le montant exact dépend du bien et de la date de l’acte.

Pourquoi un pourcentage ne suffit pas pour estimer les frais de notaire

Retenir un taux rond pour bâtir son budget expose à une mauvaise surprise. Le poids des droits de mutation, fixés en partie par chaque département, change le résultat d’un territoire à l’autre. Le montant varie avec la nature du bien, son prix, sa localisation, l’existence de travaux récents et la date de signature, puisque certaines taxes locales évoluent. Une estimation obtenue auprès de l’office notarial est bien plus fiable.

Demandez-la dès la signature du compromis, en transmettant le prix, l’adresse et la situation du bien. Les simulateurs en ligne des notaires et de l’ANIL permettent de préparer l’enveloppe, mais seul l’office confirme le montant définitif réclamé avant l’acte.

Peut-on financer les frais de notaire avec un prêt immobilier ?

Oui, dans certains cas, mais ce n’est pas un droit. La banque examine l’ensemble du plan de financement et décide si elle inclut tout ou partie de ces sommes. Beaucoup d’établissements exigent un apport couvrant au moins les frais d’acquisition ; d’autres acceptent de les financer pour des dossiers solides.

Lorsque vous voulez financer les frais de notaire, présentez la demande dès le premier rendez-vous. Précisez le montant estimé, l’apport disponible et la durée souhaitée. Une banque peut accepter de couvrir le prix du bien seul, ou le prix et les frais annexes, selon votre taux d’endettement et la valeur du logement.

Un financement qui n’en supprime aucune composante

Emprunter pour régler les frais de notaire ne réduit ni les taxes, ni les débours, ni l’émolument. Les droits de mutation, en particulier, restent dus quelle que soit l’origine des fonds. Vous ajoutez simplement la somme au capital à rembourser, avec les intérêts et l’assurance qui s’y rattachent. Plus la durée est longue, plus le coût final de cette portion augmente.

Prenons une illustration ronde : 15 000 euros de frais d’acquisition empruntés en plus du prix. Vous les remboursez avec la mensualité du prêt, mais aussi avec l’intérêt qui s’y applique pendant des années. La commodité immédiate se paie donc dans le coût total, à comparer avec le recours à votre épargne.

Liquidités à la signature : garantie, versements préalables et calendrier

Même lorsque le prêt couvre le prix et certains frais annexes, il arrive que des sommes soient exigées avant le déblocage. Les frais de garantie, par exemple, peuvent être prélevés au moment de l’acte. Un dépôt de garantie versé à la signature du compromis vient aussi en déduction du prix, mais il mobilise une trésorerie personnelle à ce moment-là.

Demandez au prêteur quelles dépenses seront financées et à quelle date les fonds seront disponibles. L’office notarial a besoin de la totalité des sommes le jour de l’acte. Un décalage de quelques jours entre l’arrivée des fonds et la date de signature suffit à compliquer le dossier.

Le dépôt de garantie du compromis

Il est en général une fraction du prix et se retrouve imputé sur la somme due à la signature de l’acte. Il faut néanmoins le prévoir en amont, avant même l’offre de prêt.

Les frais de garantie du prêt

Hypothèque, privilège de prêteur de deniers ou caution : le coût dépend du mécanisme retenu et du montant emprunté. Il s’ajoute au reste, et son moment de paiement est précisé dans l’offre.

Frais d’acquisition sans apport : ce que les banques regardent

Certaines banques en ligne mettent en avant un financement sans apport, c’est-à-dire un prêt couvrant le prix du bien. Il faut lire ces annonces avec attention : elles décrivent des conditions de profil très précises, et les frais annexes restent à prévoir, avec leurs propres modalités de règlement.

Il faut aussi comprendre que les frais de notaire ne se négocient pas comme un prix : seul l’émolument obéit à un barème, et les taxes sont fixées par la loi et par les collectivités compétentes, non par l’office. Même sans apport, le candidat doit justifier de revenus stables, d’un reste à vivre suffisant et d’un taux d’endettement acceptable. Pour une banque, financer les frais de notaire ajoute du risque, car aucune épargne ne vient amortir un éventuel défaut. La réponse est donc personnelle et ne peut être promise d’avance.

Crédit de consommation en complément : un montage à déclarer

Quand la banque refuse d’inclure les frais d’acquisition, la tentation est grande de recourir à un prêt personnel. Ce financement entre dans le calcul de votre endettement et doit être signalé à l’établissement qui vous accorde le prêt immobilier, car il modifie vos charges mensuelles de remboursement.

Un crédit à la consommation affiche en outre un TAEG souvent plus élevé qu’un prêt immobilier. Comparez-le avec le coût d’une épargne mobilisée ou d’un apport familial, et prenez garde au cumul des échéances. Si l’équilibre est fragile, mieux vaut ajuster le projet que multiplier les crédits.

Vérifier le montant avant l’acte et demander conseil

Avant la signature, comparez l’estimation de l’office, le plan de financement bancaire et l’offre de prêt, qui doit refléter la somme réellement empruntée. Une différence se règle plus facilement avant l’acte qu’après. Si vous avez décidé de financer les frais de notaire, vérifiez que le montant prévu dans l’offre correspond bien au décompte final, et gardez une petite marge pour les écarts de dernière minute. En cas de doute sur une ligne du décompte, demandez le détail au notaire.

Les ADIL et l’ANIL proposent gratuitement des informations juridiques et financières sur l’achat. Elles aident à comprendre les frais d’acquisition et à préparer les questions à poser à la banque, sans choisir de prêteur à votre place. Prévoyez un rendez-vous avant de déposer vos demandes de prêt : vous saurez ainsi quelle somme réserver, quelle part demander à la banque et quelle marge conserver pour les dépenses qui suivent l’achat, comme le déménagement ou l’ameublement.

Organismes et ressources

Estimer les frais d’acquisition et préparer le financement

Sites externes indépendants de Creditsansfrais.fr : vérifiez toujours les conditions auprès de l’organisme concerné.

Rechercher dans le site